L’adult design by XgrafX
Il existe plusieurs manières de construire un site. L’une d’elle consiste à déléguer certaines taches à de vrais professionnels qui sauront vous garantir un résultat. C’est le cas de XgrafX, webdesigner “adulte”, qui se remet en question à chaque commande afin de nous fournir un visuel à la hauteur de nos éxigences.
Petit tours dans les backstage le temps d’un entretien pour mieux comprendre ce qu’est réellement le travail d’un webdesigner.
- Bien que dans le peloton de tête, des designers “adultes” sur le marché français pourrais-tu te présenter ?
J’ai eu un parcours relativement atypique… comme la plupart des webmasters X, apparemment.
Après un bac D (je crois que c’est maintenant le bac S option “Sciences de la nature”), j’ai obtenu un DUT Génie Civil, puis j’ai effectué mon service militaire en tant qu’objecteur de conscience en qualité de dessinateur CAO/DAO (Conception et Dessin Assisté par Ordinateur), affecté au bureau d’études d’un Centre Hospitalier. On travaillait à l’époque (1996) sur 2 stations Unix, avec le logiciel GDS, principalement pour réaliser les plans des (rénovation de bâtiments, par exemple) et pour numériser les plans existants.
J’ai enchaîné avec un CES (contrat Emploi Solidarité) au même poste pendant un an, puis mon contrat n’a pas été renouvelé, et j’ai donc passé les 2 années suivantes au chômage.
Enfin, en mars 2000, j’ai créé mon Entreprise Individuelle, alors nommée GRAF’im@ge, avec 60.000 FF(9K€) empruntés à la banque. Je ne travaillais à l’époque qu’en print (plaquettes, affiches, cartes de visite…), pas du tout sur le Web.
Début 2002, ma femme et moi avons monté la société Grafimages, laissant complètement de côté le print pour nous attaquer au marché d’Internet, qui nous paraissait plus intéressant, plus dynamique et plus susceptible d’être le support d’un business pérenne…
Actuellement, nous sommes donc 3 chez Grafimages :
- ma femme (xnouvelle sur certains forums) est le “boss” et s’occupe de la compta, de la traduction, et de la création/gestion de certains sites (FS, notamment),
- moi en tant que webdesigner/chef de projet/intégrateur,
- et Laurent, qui gère le développement php/MySQL et logiciel
Nous travaillons aussi avec plusieurs indépendants - dont certains sont d’ailleurs dans le X biz également, je les salue au passage -, pour le développement php (lorsque notre développeur est trop pris, par exemple), le flash, etc…
On est donc en mesure de répondre à tous les besoins concernant la création de sites Web.
- Pourrais-tu nous expliquer ce qu’est aujourd’hui un webdesigner et quelles sont ses prérogatives ?
La définition basique du webdesigner, c’est globalement la personne qui prend en charge tous les éléments graphiques d’un site, de la charte graphique au moindre bouton.
S’y ajoutent couramment le découpage des éléments graphiques et leur intégration en templates.
En ce qui me concerne, je cumule les casquettes de webdesigner, intégrateur (X)HTML/CSS et chef de projet.
- Comment es-tu arrivé au web design adulte ?
J’ai brièvement rencontré Canto(Acces-adulte et webxmasters) sur un forum mainstream en 2001 (freegaia.com). Ca a eu son importance plus tard, vu qu’il est l’un de mes mentors dans ce business.
Et puis, l’un de mes clients (que certains connaissaient sous le pseudo Esteban) m’a conseillé de me lancer.Il avait à l’époque 5 sites, dont une affiliation Allopass. Quand il m’a dit ce qu’il gagnait avec ses sites, je me suis dit : “pourquoi ne pas essayer aussi ?”, ça n’avait pas l’air si difficile.
Alors, fin 2003, j’ai acheté 6 sets photo de filles en solo, et j’ai créé ma première affiliation Allopass (xnatachax.com aujourd’hui fermé).
- Tu es webdesigner mainstream (marché non adulte), fais-tu une différence entre ce travail et celui de webdesigner adulte ?
Oui et non. Disons que la méthode de travail est quasiment la même, mais le résultat diffère forcément pas mal (voir la question suivante).
Je dirais que le marché mainstream est plus varié, puisqu’on touche à peu près tous les métiers (actuellement, je bosse sur les sites suivants : jeux, recettes de cuisine, société de prêts immobiliers, blagues, entreprise de BTP et école de ski. Ca te donne une idée de la diversité de mon travail mainstream), sur le marché du X, par contre, même si les niches sont variées, ça reste du cul.
Maintenant, en ce qui concerne la façon dont on aborde le travail à effectuer, on ne fait pas spécialement de différence, tous nos clients bénéficient des mêmes prestations.
- Existe t’il des imperatifs liés exclusivement au webdesign adulte ?
Oui, évidemment, chaque marché a ses impératifs.
Les designs sont en général très chargés graphiquement, avec cependant la contrainte d’avoir des pages qui chargent vite (plus une page est vite chargée, plus on a de chances de retenir l’attention de l’internaute).
On utilise beaucoup plus des techniques graphiques style reflets, textures, etc…que dans le mainstream. En revanche, la navigation est souvent bien plus simple que sur les sites mainstream.
Enfin, de mon côté du “codage”, la quasi-totalité des clients veulent des tableaux et des CSS, très peu de (X)HTML tableless (sans tableaux), même si ça commence à venir.
- Malgré le caractère exclusif de chaque demande, est-il possible aujourd’hui de tracer le profil d’un client “adulte” ?
Non, pas vraiment. Chaque client est différent, avec ses attentes particulières, il n’y a pas réellement de “profil-type” et nous ne faisons pas de distinction entre un “gros” client et un “petit” webmaster amateur.
- Selon toi, le marché du design adulte suit-il les tendances de la création mainstream, évolu t’il en parrallèle ou est-il complètement independant ?
Ce sont deux marchés différents qui évoluent différemment. sur le mainstream, la “mode” évolue très vite, mais est curieusement redondante.
Exemple : les boutons “Aqua” qui étaient en vogue en 2002-2003 ont disparu de la circulation… Et à l’arrivée du style “Web 2.0″ l’année dernière, c’est revenu à la mode, même si le style a été légèrement modifié. Et actuellement la tendance est à des style épurés et classe.
Comparativement, le design X reste basé sur l’utilisation massive de photos détourées et intégrées dans un univers graphique très coloré et “imposant” (style un header qui fait la moitié de la page, par exemple). Mais le marché évolue avec l’arrivée de certains types de sites, comme les blogs ou les dump-links, ou encore les link-lists, qui n’ont pas besoin d’un design chargé et préfèrent souvent se rapprocher des exigences mainstream .
- L’aspect visuel d’un site n’est plus limité à son design pure, des éléments visuels nouveaux tels que des animations, ou des fonctions javascript ou DHTML sont venus s’ajouter à la conception de sites. Quelle approche as tu vis à vis de nouvelle cette couche qui se posistionne à mi-chemin entre ton travail de web-designer et celui de codeur ?
Comme je l’ai dit précédemment, j’assure également l’intégration (X)HTML/CSS des designs. Donc, dans une certaine mesure, j’intègre aussi ce que je connais.
Cependant, la plupart du temps, je code un template “de base”, que je passe au développeur, qui lui rajoutera le javascript, etc…
Concernant les animations, tant qu’on a pas besoin d’action-script(language dynamique utilisé par flash), je m’en charge généralement. dès que ça se complique, je fais appel à un flasheur professionnel.
Mais il est clair que le marché, tout comme les techniques est en perpétuelle évolution et fait donc appel à des compétences de plus en plus pointues et diversifiées.
Alors, comme on ne peut pas toujours tout faire tout seul, on choisit de faire appel à des sous-traitants pour gérer telle ou telle partie.
- A part photoshop et dreamweaver, quels outils utilises-tu pour devellopper un site ?
En séparant les outils logiciels et les autres :
Pour l’optimisation du graphisme (design, boutons, colorisation, etc…), c’est Photoshop.
En revanche, pour optimiser le rapport poids/qualité des photos, je reste fidèle à IrfanView (gratuit), qui me sert également comme visionneuse et logiciel d’archivage.
Côté FTP, c’est principalement celui de Dreamweaver (pour les uploads et retouches ponctuels) et FileZilla (pour tout le reste, notamment les uploads/downloads de gros volumes).
En ce qui concerne la vidéo, je ne fais que du montage et de l’optimisation. Pour ça, j’utilise VideoCharge, qui a l’avantage de prendre en charge pas mal de formats parmi les plus courants. Il m’est aussi très utile lors de la découpe et de l’encodage des DVDs.
Pour l’édition (ajout de génériques, d’intros, d’effets, de bande-son, etc…), c’est le logiciel Vegas (Sony) qui prend le relais. Il est relativement léger et très intuitif, beaucoup plus, en tout cas que d’autres logiciels professionnels comme Adobe Premiere, par exemple.
Enfin, je crée et monte des séquences musicales (voire des morceaux entiers) sur des animations Flash et des vidéos.
Pour ça, je travaille à partir de mes banques de samples et à partir de mes propres samples (guitare, basse et claviers, surtout), lesquels sont traités avec Soundforge.
J’utilise ensuite Acid Pro 6 pour assembler le tout.
Maintenant, les outils non-logiciels que j’utilise couramment :
- Le disclaimer est celui d’Adipson, Securex, légèrement remanié.
- Le site Aslacreation pour ses tutoriaux (X)HTML/CSS et ses gabarits. Egalement OpenWeb, très complet. Et quelques bouquins, dont “CSS2, pratique du design Web“, de Raphaël Goetter (M. Alsacreations), que je conseille à tous ceux qui souhaite en savoir plus sur le (X)HTML et les CSS.
- Accessoirement, et surtout pour le mainstream, http://www.sxc.hu et http://www.istockphoto.com pour les photos.
- Comme tous les créatifs, t’arrive t’il d’avoir l’angoisse de la page blanche, ou as-tu une base de travail systématique qui te permette de commencer à travailler sur un projet sans avoir d’idée sur le résultat final ?
Non, je démarre toujours sur un document vierge (paradoxalement, même pour du X), et bien entendu, oui, il m’arrive d’avoir l’angoisse de la page blanche. Mais ça ne dure jamais très longtemps, mon job étant aussi de trouver des idées, je crayonne des esquisses pour faire avancer les choses, je me balade sur le Web pour y trouver des idées (jamais de plagiat, par contre), ou je m’impose de m’aérer les neurones, et en général, les idées finissent par arriver.
- Il m’est arrivé de formuler une demande du type ” je voudrais un design class et dynamique, avec beaucoup de jaune! “. Existe t’il un language, une technique, des codes pour interpreter les demandes de tes clients ?
Non, pas vraiment. Dans ce genre de cas (très fréquent), on demande plus de précisions au client, notamment des URLs de sites existants, de façon à mieux cerner ses attentes. On lui demande également ses préférences quant aux couleurs, quitte à le réorienter au besoin.
On prend le temps de discuter en détail avec le client, et on le fait intervenir le plus possible dans le processus de création de son design/site.
- L’évaluation d’un projet necessite de bien connaitre ses propres compétences, t’arrive t’il de te tromper ?
Oui, bien sûr, mais on assume tout-à-fait.
On a des tarifs horaires différents en fonction du type de travail, par exemple : création graphique, animation, codage (X)HTML/CSS, rédactionnel, etc…
On sait par exemple qu’un design “normal”, de A à Z, logo et découpe inclus, va prendre environ 8 à 10 h. On part donc sur une base de 9h au tarif horaire du graphisme.
De même, une bannière 468×60 est réalisée en 15-20 minutes, on prend donc 1/3 du tarif horaire en graphisme.
Ceci dit, nos tarifs horaires ne sont pas forcément fixes, ils peuvent bouger pour s’adapter à un budget (dans des limites raisonnables !) ou pour diverses raisons. C’est aussi pour ça que je ne donne pas d’exemples chiffrés (Néanmoins, n’hésitez pas à nous demander un devis)
- Comment se déroule une commande chez Grafimages ?
Une fois qu’on a établit le contact avec le client et que celui-ci nous a fourni les informations nécessaires, on lui établit un devis.
Le devis nous est renvoyé signé par le client et fait donc office de BC (bon de commande). il est en général accompagné d’un acompte.
A partir de ce moment-là, débute le travail de création proprement dit : esquisses papier préalables, puis maquette sous Photoshop, laquelle est soumise au client.
En général, la première maquette est la bonne, on a juste des retouches mineures à effectuer.
Quand la maquette est validée, on la découpe pour mettre en place un template général.
S’il s’agit de la création d’un site complet, on crée les différentes pages, puis commence le boulot du développeur (qui a en fait commencé à bosser avant cette étape, ne serait-ce que pour “préparer le terrain”).
Quand les prestations sont finies, on les envoie au client une fois qu’on a reçu le solde de la commande, avec les sources et une facture qui certifie le bon déroulement des prestations prévues au devis et leur paiement effectif par le client.
- Beaucoup de webdesigners produisent des templates à l’avance, exclusives ou non. Il me semble que ce ne soit pas le cas pour X-grafX, une raison particulière?
J’aimerais bien aussi créer mes templates à l’avance, mais je n’en ai pas le temps.
- Pour finir, tu t’es séparé de ton réseau de sites adultes dernièrement (cedé à porno-fiesta), faute de temps. Peut on s’attendre à ce que tu abandonnes également cette activité de webdesigner adulte dans un avenir proche ?
Non, absolument pas. Nous en avons déjà discuté avec l’équipe, et on ne compte pas laisser de côté le marché adulte, tant pour le côté lucratif que récréatif (Il est évident qu’il y a plus désagréable que de travailler sur des photos de filles nues).
Il est évident que chaque webdesigner travail avec ses propres techniques, des moyens différents et sa propre politique commerciale. Mais il est intéressant de comprendre comment travail un professionnel. Car pour ma part, lorsque je travail sur mes propres designs, j’y mets “tout ce que j’ai !”. Peu importe que ce travail me prenne une heure ou trois jours ou quelles seront les techniques utilisées et je suis très souvent confronté à l’absence d’idée lorsque je me mets face à un nouveau projet. Je suis donc admiratif devant ces créatifs capables de planifier et d’interpreter et de s’investir dans les projets de leurs clients.
Merci à XgrafX d’avoir pris le temps de nous en dire un peu plus.
Tags : Portraits, allopass, css, design adulte, dhtml, flash, webdesigner
